La Communauté économique européenne a posé les bases d’une Europe où les échanges dépassent progressivement les frontières nationales. Née avec le traité de Rome, elle a contribué à bâtir un marché commun et à préparer l’Union européenne. Comprendre son histoire permet de mieux saisir les choix économiques et les enjeux politiques qui façonnent encore l’intégration européenne.
L’article en bref
La CEE a transformé la coopération entre plusieurs pays européens en un projet économique commun. Son héritage aide à comprendre la construction et le fonctionnement de l’Union européenne actuelle.
- Une origine fondatrice : Le traité de Rome lance la CEE en 1957 entre six pays.
- Un objectif économique : Le marché commun réduit les barrières et organise les échanges.
- Une construction progressive : Plusieurs élargissements portent la Communauté à douze membres en 1986.
- Un héritage durable : Maastricht transforme la CEE en Communauté européenne au sein de l’UE.
Comprendre la CEE, c’est éclairer les origines et les choix de l’Europe actuelle.
CEE et traité de Rome : les origines du projet européen
La Communauté économique européenne (CEE) est créée par le traité de Rome, signé en 1957 par la France, la République fédérale d’Allemagne, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. Le traité entre en vigueur en 1958. Après la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier, il donne une nouvelle ampleur à la coopération économique entre les pays fondateurs.
L’objectif est de rapprocher leurs économies en supprimant progressivement les droits de douane entre eux et en établissant un tarif commun pour les produits venant de l’extérieur. La démarche est aussi politique : rendre les pays interdépendants doit consolider la paix et favoriser une prospérité partagée. Le marché commun devient ainsi un levier concret de l’intégration européenne.
On peut imaginer une entreprise française qui souhaite vendre ses produits en Italie ou en Belgique. En réduisant les obstacles douaniers et en harmonisant certaines règles, la CEE rend ces échanges plus accessibles. L’idée clé est simple : bâtir la coopération par des intérêts économiques partagés.
Marché commun, libre circulation et coopération économique
Le marché commun ne se résume pas à la baisse des droits de douane. Il vise aussi à faciliter la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux entre les pays membres. La mise en place de ces libertés s’effectue progressivement, avec des règles communes et des décisions négociées entre États.
Dans les faits, un fabricant peut accéder plus facilement aux marchés voisins, tandis qu’un salarié ou un prestataire peut envisager une activité dans un autre pays de la Communauté. Cela ne signifie pas que toutes les règles deviennent identiques du jour au lendemain : les accords et les politiques communes avancent par étapes. Pour les entreprises comme pour les particuliers, l’ouverture crée des possibilités, mais demande aussi de s’adapter à un cadre partagé.
Les institutions européennes jouent un rôle central dans cette évolution : elles contribuent à proposer, adopter et appliquer les règles communes, selon les compétences prévues par les traités. Le marché commun prend donc forme à la fois dans les échanges quotidiens et dans un travail institutionnel souvent moins visible.
- Réduire les obstacles : les droits de douane entre membres sont progressivement supprimés.
- Organiser les échanges extérieurs : un tarif douanier commun est instauré pour les importations venues de pays tiers.
- Faciliter les mobilités : la libre circulation s’étend progressivement aux personnes, aux services et aux capitaux.
- Coordonner les politiques : les États construisent des règles communes dans des domaines relevant de la Communauté.
La portée du marché commun tient à cet équilibre : ouvrir les échanges tout en construisant des règles compréhensibles par tous.
Élargissement de l’Europe : les étapes de la CEE
Après sa création à six, la CEE s’agrandit par vagues successives. Le Royaume-Uni, l’Irlande et le Danemark la rejoignent en 1973, la Grèce en 1981, puis l’Espagne et le Portugal en 1986. Ces adhésions étendent le marché commun et impliquent d’intégrer de nouveaux intérêts économiques et politiques dans les décisions collectives.
En 1990, la réunification allemande ne constitue pas un nouvel élargissement. L’ancienne République démocratique allemande est intégrée à la République fédérale d’Allemagne, déjà membre de la CEE. L’évolution du poids démographique et politique de l’Allemagne entraîne néanmoins des ajustements institutionnels.
| Année | Évolution | Effet sur la CEE |
|---|---|---|
| 1957 | Signature du traité de Rome par six pays | Création du cadre de la Communauté économique européenne |
| 1973 | Adhésion du Royaume-Uni, de l’Irlande et du Danemark | La CEE passe à neuf membres |
| 1981 | Adhésion de la Grèce | La Communauté compte dix pays |
| 1986 | Adhésion de l’Espagne et du Portugal | La CEE rassemble douze membres |
| 1990 | Réunification allemande | Extension de la RFA, sans nouvelle procédure d’adhésion |
| 1993 | Entrée en vigueur du traité de Maastricht | La CEE devient la Communauté européenne dans le cadre de l’UE |
Chaque élargissement apporte de nouvelles perspectives, mais rend aussi la recherche d’accords plus complexe. Cette tension entre ouverture et capacité de décision reste un enjeu politique majeur de la construction européenne.
Les dates montrent que l’élargissement de l’Europe n’est pas seulement une question de frontières : il transforme aussi les équilibres au sein des institutions.
De la CEE à l’Union européenne : ce que change Maastricht
Le traité de Maastricht est signé en 1992 et entre en vigueur le 1er janvier 1993. À cette date, la dénomination « Communauté économique européenne » est remplacée par « Communauté européenne ». L’Union européenne est créée et donne un cadre plus large à la coopération entre les États, au-delà des seules questions économiques.
La CEE ne disparaît donc pas comme si son travail était annulé : ses institutions et une partie de ses politiques s’inscrivent dans la nouvelle architecture européenne. Maastricht ajoute notamment une citoyenneté européenne et trace la voie vers une union économique et monétaire, avec l’objectif d’une monnaie unique. L’euro sera introduit plus tard, en 1999 pour les opérations financières, puis sous forme de billets et de pièces en 2002.
Cette distinction aide à éviter une confusion fréquente : la CEE est une étape historique et institutionnelle de la construction européenne, tandis que l’Union européenne est le cadre politique actuel. Son héritage se retrouve dans les règles communes, les échanges transfrontaliers et les débats sur les compétences partagées.
Comprendre cette transition permet de lire l’Europe comme une construction progressive, où chaque traité élargit ou réorganise les objectifs communs.
Les enjeux politiques de l’héritage de la CEE
La CEE a démontré que l’intégration économique pouvait rapprocher des pays aux intérêts différents. Mais un marché commun suppose des arbitrages : quelles règles doivent être identiques, quelles décisions restent nationales et comment répartir les bénéfices de l’ouverture ? Ces questions expliquent pourquoi les enjeux politiques accompagnent chaque étape de la construction européenne.
Pour une petite entreprise qui exporte dans plusieurs pays, des normes communes peuvent simplifier les démarches. En revanche, une règle européenne doit tenir compte de réalités nationales diverses, comme les secteurs économiques ou les priorités sociales. L’enjeu n’est donc pas seulement de faire circuler les biens, mais de concilier des choix collectifs sans effacer les particularités des États.
La CEE a posé les fondations d’un espace de coopération qui a évolué avec les traités et les élargissements. Son histoire rappelle qu’une intégration durable repose autant sur des objectifs partagés que sur la capacité à ajuster les règles aux réalités de chacun.
Questions fréquentes sur la CEE et l’Union européenne
Que signifie l’acronyme CEE ?
CEE signifie Communauté économique européenne. Créée par le traité de Rome, elle visait notamment à organiser un marché commun entre ses États membres.
Quand la CEE a-t-elle été créée ?
Le traité de Rome est signé en 1957 par six pays fondateurs. Il entre en vigueur en 1958 et institue la Communauté économique européenne.
La CEE et l’Union européenne sont-elles la même chose ?
Non. La CEE est une organisation antérieure, centrée sur l’intégration économique. À partir de 1993, elle devient la Communauté européenne dans le cadre plus large de l’Union européenne créée par le traité de Maastricht.
Pourquoi la réunification allemande n’est-elle pas un élargissement de la CEE ?
En 1990, l’ancienne Allemagne de l’Est est intégrée à la République fédérale d’Allemagne, déjà membre de la CEE. Il s’agit donc d’une extension territoriale d’un État membre, et non de l’adhésion d’un nouveau pays.
Quel était l’objectif principal du marché commun ?
Il devait faciliter les échanges entre les pays membres en réduisant les barrières douanières et en développant progressivement la libre circulation des marchandises, des personnes, des services et des capitaux.




